• La poupée qui fait non.

Je dis donc je suis

Sur le bout de ma langue, les voyelles et les consonnes dansent ensemble et c'est toute une farandole qui se dandine au rythme de mes mots. Je les entends, je les chuchote, je les mâche et les mange jusqu'à plus soif. Ils sont beaux, même les biscornus, même les compliqués, les faciles ou les originaux. Ils ouvrent chacun vers un monde dès lors qu'on les couche sur le papier ou qu'on se gargarise avec eux. Ils ont tous une histoire, ils viennent de quelque part avec un petit baluchon. Il suffit d'ouvrir un dictionnaire pour faire leur connaissance mais souvent la première rencontre est une surprise, au détour d'une page ou d'une conversation.


J'aimerais connaître tous les mots mais je me dis pourtant que ce serait bien ennuyeux car le plaisir réside dans la découverte avec une grande curiosité de l'orthographe et de l'étymologie. Tous les mots racontent des histoires et dans toutes les histoires on rencontre des mots nouveaux. En chemin, je les mets dans ma valise au fur et à mesure mais il m'arrive d'en oublier parfois. La joie et la surprise sont d'autant plus grandes quand je les retrouve par hasard comme de vieux amis.

Je vois les mots comme une grande famille car ils ont des cousins et des cousines dans les autres langues. Ils ont souvent un grand-père latin ou une mamie grecque en commun. Ils ne sonnent pas tout à fait pareil mais ils ont certainement pris le bain ensemble quand ils étaient bébés.

Je pèse mes mots pour qu'ils soient lourds de sens, qu'ils restent terre-à-terre et ne s'envolent pas. Si je les collectionne, mon moment préféré c'est quand je les partage, quand je les distribue. Je donne de mes mots pour remplir les valises de ceux qui voyagent plus léger. Comme tout ce qui ne s'exprime pas s'imprime, je veux que tout le monde puisse se dire avec des mots qui lui ressemblent alors je glisse dans leur valise en lettres minuscules tout ce qui en eux m'apparaît de plus capital.


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